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Tous nazis

La réduction ad hitlerum, conséquence inévitable de la loi Godwin, est une pratique répandue. Popularisée par le philosophailleur BHL, cette arme redoutable séduit tout particulièrement les « humanistes ». La semaine dernière a été marquée par un enchaînement inédit, signe de la folie collective qui envahit la France.

Jean-Michel Ribes, directeur du théâtre du Rond-Point, a affirmé sur RTL : « Un papa et une maman, ça a quand même donné Hitler. » Tout en mettant en avant sa connaissance aigüe de la biologie, Ribes rappelle dans le même temps qu’il est un historien irréprochable. Hitler était un homme mauvais, issu de l’union charnelle entre un père et une mère. Ô scandale ! Hitler avait des parents, et en plus ils étaient hétérosexuels !

0a6ded051061120078602d18c76771ac_image_document_large_featured_borderlessMais Ribes a fait un rêve : Hitler est un enfant de la DASS. Un généreux couple de lesbiennes adopte le petit Adolf et lui interdit de se laisser pousser la moustache, symbole phallocratique par excellence. Hitler grandit donc harmonieusement. Elève brillant, il intègre l’université de Vienne où il rédige une thèse de philosophie sur Le Guide des Egarés de Maïmonide. Il en profite pour se lier d’amitié avec un camarade, Ludwig Wittgenstein. Ensemble, dans un élan de fraternité judéo-arienne, ils deviennent les premiers théoriciens de la Gay Pride. Mais ce n’est qu’un rêve. Hitler est né dans une famille traditionnelle. Cette configuration réactionnaire est responsable de la seconde guerre mondiale. Son père, antisémite notoire, et sa mère, homophobe délirante, lui ont inculqué des valeurs pernicieuses. Le traité de Versailles, le sentiment d’humiliation, la montée du chômage et la crise économique n’ont en revanche eu aucun impact sur Hitler. Fils de père et de mère, Hitler était condamné. CQFD. Cette démonstration vaut bien une nouvelle tarte aux excréments.

Homophobe = antisémite

Mais Ribes n’est pas le seul à exprimer de douces pensées. Son ami, l’homme d’affaire Pierre Bergé a de son côté affirmé sur BFM que les opposants au mariage pour tous étaient pour la plupart « antisémites ». Bergé, homme cultivé, sait que les persécutions nazis ne concernaient pas uniquement les juifs. Les homosexuels étaient aussi des victimes privilégiées d’Hitler (en revanche les tziganes on en a jamais rien à cirer).

Par conséquent, les Français qui expriment des doutes sur le bien-fondé du mariage pour tous sont des hitlériens patentés. Derrière la façade bon enfant des cortèges se cachent une homophobie et un antisémitisme « rampant », « putride », « nauséabond », « délétère », « insidieux », « infâme », « fétide », « pestilentiel » etc.
Bergé, fin logicien, précise tout de même que tous les opposants au mariage pour tous ne sont pas nécessairement antisémites. Les racistes ont leur bon noir, les antisémites leur bon juif et les homophobes leur bon pédé. L’humaniste Pierre Bergé, lui, a ses bons homophobes, ceux qui ne sont pas antisémites.

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Enfants nazis

Dans le même esprit, le député PS Christian Assaf à quant à lui déclaré à l’Assemblée nationale que « le temps du triangle rose était terminé ! ». Ces références absurdes pourraient faire sourire si elles n’envahissaient pas systématiquement le débat politico-médiatique. Rappelons nous le député PS Serge Letchimy invectivant Claude Guéant : « le régime nazi si soucieux de purification, était-ce une civilisation ? » Rappelons nous les complotistes Bigard et Kassovitz dont la critique de la version officielle du 11 septembre leur avait valu d’être accusés d’antisémitisme.
La réduction ad hitlerum systématique en dit long sur le niveau des élites françaises. Leur incapacité à tenir des propos pondérés et pertinents ou tout simplement à avoir une vision complexe de l’histoire est alarmante. L’alliance entre l’affairisme progressiste (Pierre Bergé), la sphère cultureuse (Jean-Michel Ribes), les politiques manichéens (Christian Assaf) et l’intelligentsia au rabais (BHL) déshonore sans cesse l’esprit cartésien.

M.

Un commentaire

  1. « Leur incapacité à tenir des propos pondérés et pertinents ou tout simplement à avoir une vision complexe de l’histoire est alarmante. » Avoir ou professer ? Impossible, au fond, de savoir s’ils sont sincères dans leurs approches subtiles comme un boeuf charolais en tutu. En revanche il est certain qu’ils sont les premiers bénéficiaires du sabotage systématique des débats et des tentatives de réflexion auquel ils se livrent.

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