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Griezmann, Empereur d’Europe ?

Lorsque, pendant les phases de poule, son ami Dimitri Payet avait ravi à tous la couronne de France et de Navarre, Antoine Griezmann ne nourrissait en son for intérieur aucune amertume ou jalousie. Il se consacra à la régénération de son organisme, épuisé par la longue campagne de batailles qu’il avait dû, au cours de l’année, mener à travers le continent. Sereinement, il fourbissait ses armes, ses chevilles, ses mollets, ses cuisses, ses pieds, ses yeux, sa tête, car il savait que la guerre ne s’achevait pas avec la défaite des Albanais à Marseille. Il avait déjà conscience qu’il serait appelé par la Providence à accomplir un destin plus grand encore que celui de Payet Ier.

À Lyon, Griezmann repoussa les Celtes. À Saint-Denis, non loin de la Basilique, Griezmann  prit part à la mise en déroute des Vikings. Et alors que les Teutons tentaient à leur tour de s’emparer de la cité phocéenne, c’est Griezmann encore qui par deux fois parvint à atteindre les ennemis en leur cœur. D’un coup de pied de réparation, il pourfendit l’armure du général Neuer une première fois ; avant de porter le coup de grâce en seconde mi-temps et d’occire l’aryen d’une semelle désinvolte. Instamment élevé à la distinction du maréchalat après ce triomphe, la renommée de Griezmann épousait celle de la France et, toutes deux, ne reposaient plus que sur le sort de la bataille qui aurait lieu dimanche contre les troupes portugaises et Ronaldo le sanguinaire.

En Payet, la France croyait avoir trouvé son sauveur. Avec Griezmann, elle rencontrait son messie. Avec Griezmann, s’incarnait une certaine idée de la France. Une France rayonnante, au visage juvénile, à l’allure chétive, mais à la frappe redoutable et à la détermination sans faille. Depuis longtemps, le peuple français attendait ce visage et cette force. Il lui en rendit grâce et Griezmann fut couvert d’honneurs.

Une seule marche restait à monter pour que la Providence fût accomplie et que le maréchal Griezmann accédât au trône suprême. C’est pourquoi le peuple français, qui lui était si dévoué, qui se reconnaissait dans ses traits juvéniles et conquérants, tremblait d’incertitude à l’idée du dimanche. Hélas, si Ronaldo le sanguinaire, dont la puissance destructrice n’a d’égale que la fatuité et l’artificialité du bronzage, était amené à l’emporter, l’Occident, dominé par un tyran aussi abject, serait inévitablement plongé dans les ténèbres. Et la France, une fois de plus, au bout d’une grandiose épopée, manquerait son rendez-vous avec la gloire. Restait donc au maréchal Griezmann à remporter la victoire décisive qui le sacrerait Empereur d’Europe. Un empereur français.

Crédit photo : Fab

Un commentaire

  1. Pfiou ! Faut redescendre les gars..

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