Stéphane Barsacq, témoin de la clarté

Avec De l’univers visible et invisible. Éloge de l’art (Éditions Du Passeur), l’essayiste, romancier, journaliste et éditeur Stéphane Barsacq, auteur d’une trilogie de pensées et d’aphorismes aux titres de Mystica (2018), Météores (2020) et Solstices (2022), donne un livre qui ne disserte pas sur la beauté, mais en témoigne. À travers une suite de portraits, de Fra Angelico à Gao Xingjian, celui qui…

Continuer la lecture

Lacarrière au Mont Athos

Il y a un siècle naissait Jacques Lacarrière, qui disparaissait il y a vingt ans, le 17 septembre 2005. L’Été grec, paru en 1976, était devenu instantanément un classique. Son succès et l’aura qui continue de l’entourer cinq décennies plus tard sont certainement nés d’une adéquation entre une époque, une attitude singulière et un genre littéraire…

Continuer la lecture

Jean-Pierre Martinet : le carnaval des douleurs

Il est des poètes maudits que leur postérité a arraché à leur malédiction. Jean-Pierre Martinet (1944-1993) n’est pas de ceux-là : oublié de beaucoup, ce romancier est un véritable écrivain maudit. D’une enfance misérable à une mort misérable, son œuvre fut le caillou dans la chaussure de la modernité tardive. Tandis que la société s’enivrait…

Continuer la lecture

Bugonia ou l’impossible apprentissage des pauvres créatures

Une anthropologie pessimiste traverse la filmographie de Yorgos Lanthimos comme le fil lui rendant sa cohérence. De Dogtooth à Poor Things en passant par The Favorite, l’expression du cinéaste grec semble vouée à l’exploration des travers de l’humanité sans affectation ni concession. Recourant moins aux finesses de l’esprit d’un Éric Rohmer qu’à la brutalité graphique…

Continuer la lecture

La fictionnalisation de l’histoire : la mémoire et le passé face à l’IA

Aujourd’hui, la fictionnalisation de l’histoire est entrée dans une nouvelle phase : celle des images générées par l’Intelligence Artificielle (IA), certaines d’entre elles touchant, des décennies plus tard, à la représentation d’événements tels que les révolutions, la guerre ou la Shoah. La conjonction facile et dérégulée de la technologie et de l’émotion nuit alors à la…

Continuer la lecture

Le monde entre les mondes : le « mundus imaginalis » chez Henry Corbin

En redécouvrant la notion de mundus imaginalis, Henry Corbin a mis au jour une région oubliée de l’être, intermédiaire entre la réalité intelligible et la réalité sensible, que la modernité avait progressivement rendue impensable et imperceptible. Ni monde imaginaire ni simple construction métaphorique, le « monde imaginal », amplement décrit par la philosophie « ishraqiste », est…

Continuer la lecture

Le sens perdu des expositions

Avec Contro le mostre, les historiens de l’art italiens Tomaso Montanari et Vincenzo Trione dressent un portrait sans concession du marché de l’art contemporain et de l’organisation des expositions aujourd’hui. Si le propos se fonde sur l’Italie, la réflexion critique va bien au-delà des frontières alpines. En ce sens, l’ouvrage soulève des questions essentielles pour…

Continuer la lecture

Homo reactus contre le Christ : la religion nationale de M. Zemmour

Le 22 octobre dernier, Éric Zemmour publiait La messe n’est pas dite. Pour un sursaut judéo-chrétien (Fayard). Pour Philitt, le philosophe et romancier Romain Debluë, notamment auteur du roman-fleuve catholique La chasse au Cerf (éditions de l’Aire, 2023), revient sur cet opuscule où, avant même la fiction « judéo-chrétienne » dont le bricolage ne peut que favoriser une nouvelle guerre de religions, l’essayiste…

Continuer la lecture

Luc-Olivier d’Algange et la transparence de la mémoire

À la lisière du lyrisme et de l’oracle, Le Chant de l’orage lumineux (L’Harmattan, coll. « Théôria ») de Luc-Olivier d’Algange ravive la lignée des poètes métaphysiques par une prose inspirée, où la nature devient lieu de révélation. Ce poème, qui avance par épiphanies, fait de la beauté une voie de connaissance afin de raviver la mémoire…

Continuer la lecture