Un démon de petite envergure de Fiodor Sologoub : la queue de comète du nihilisme

Dans Un démon de petite envergure (1905), Fiodor Sologoub propose une nouvelle déclinaison de la figure du nihiliste. À travers Peredonov, l’écrivain dépeint un homme à la laideur morale inégalée, préoccupé uniquement par son avancement social. Si les nihilistes ont toujours été traités avec sévérité par la littérature russe, les prédécesseurs de Peredonov déployaient une…

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Pasolini, un poète contre le chaos

Quand, tous les samedis, l’actualité nous fait entendre les échos fracassants du mouvement des gilets jaunes, se plonger dans la prose poétique de Pier Paolo Pasolini pourrait ressembler à une échappatoire. Et pourtant, ce recueil d’articles écrits pour le magazine Tempo il y a un demi-siècle au cours de ses années de révolte étudiante, offre…

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Un nouvel éloge des Trois Mousquetaires

En 1844, dans le journal Le Siècle, paraissaient les aventures de D’Artagnan et de ses trois illustres compères, Athos, Porthos et Aramis. Le succès fut immédiat et Alexandre Dumas (bien aidé en cela, il est vrai, par son collaborateur Auguste Maquet) fit ainsi une entrée remarquée dans les annales de la littérature française. Si personne…

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Sérotonine : quand Michel Houellebecq s’intoxique avec son nihilisme

Dans Sérotonine (Flammarion), Michel Houellebecq évoque l’amour comme une possibilité de salut face à la misère de l’époque contemporaine. Mais, embourbé dans le nihilisme qu’il dépeint, ce nouveau roman n’est que la énième chronique d’un néant spirituel qui contamine jusqu’à son écriture. À l’époque, François n’avait rien à regretter. Soumission, le précédent roman de Michel…

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Michel Houellebecq, la rédemption par l’écriture

Rares sont les écrivains qui ont su, comme Céline, « mettre [leur] peau sur la table », c’est-à-dire payer de leur propre personne, se sacrifier secrètement à travers leurs personnages. Houellebecq y est parvenu : sans doute est-ce l’origine des malentendus dont souffre son oeuvre puisque, en fidèle héritier de Huysmans, ses romans oscillent nonchalamment entre l’autobiographie…

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L’Adolescent de Dostoïevski : la passion contre le juste milieu ?

Avant dernier roman de Fiodor Dostoïevski, L’Adolescent reste une œuvre largement méconnue. Ces Souvenirs d’un jeune homme, pour employer le sous-titre de l’édition originale, n’en réunissent pas moins nombre de thèmes chers à l’écrivain russe. La culpabilité, la rédemption, les rivalités amoureuses, la mort, le suicide, le jeu, les mouvements révolutionnaires ou la figure du…

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Quand Chesterton tire le moderne de son sommeil dogmatique

Philosophe parmi les poètes, poète parmi les philosophes, Chesterton n’a jamais failli à sa réputation de « prince du paradoxe ». Ses Petites choses formidables, célèbre recueil de nouvelles édité pour la première fois en français par Desclée de Brouwer, ne font pas exception : loin de réduire sa pensée à quelques réflexions basses, il offre à voir le…

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L’argent, obsession du siècle de Balzac

[Cet article est initialement paru dans PHILITT #6] Si Zola écrivit que son œuvre « eût été impossible avant 89 », c’est que jamais l’argent ne fit autant régner sa loi qu’au XIXe siècle. Dans ce nouveau monde de banquiers, d’usuriers et de parvenus, il devient un objet littéraire capital, mais soumet aussi les écrivains…

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Rémi Soulié : « Vient un moment où habiter redevient sage »

Rémi Soulié est essayiste et critique littéraire. Dans son nouveau livre Racination (Éditions Pierre-Guillaume de Roux, 2018), cet Aveyronnais de naissance rappelle, sur un mode poétique et non doctrinal, l’importance de l’enracinement pour l’âme humaine. À ses yeux, la « racination » ancre l’homme dans une immanence à la fois spirituelle et charnelle en même temps qu’elle maintient en…

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