La mutation néo-libérale de la violence selon Byung-Chul Han

Bien loin d’évacuer la violence, la modernité néo-libérale et technologique est en train de la systématiser à tous les acteurs de la société en la changeant de forme. Telle est la thèse que formule Byung-Chul Han dans sa Topologie de la violence (2011), traduit en français en 2024 (éditions R&N). Le philosophe sud-coréen, professeur à l’Université des…

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La destruction non-créatrice : Bernard Stiegler face à l’entropie capitaliste

Anne Alombert est universitaire. Maîtresse de conférences à Paris-VIII, celle-ci est spécialisée dans les enjeux numériques. Dans son dernier ouvrage, Penser avec Bernard Stiegler (PUF, 2025), l’essayiste restitue les grands moments de l’œuvre abondante du fondateur d’Ars Industrialis. Fin observateur des évolutions du capitalisme, Stiegler avait anticipé avec brio les périls du monde contemporain notamment en démontrant…

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Timothée de Rauglaudre : « La vie monastique s’oppose à l’imaginaire de la modernité capitaliste »

Timothée de Rauglaudre est journaliste indépendant. L’auteur des Moissonneurs. Au cœur de la théologie de la libération (2022) s’emploie depuis plusieurs années à étudier les enjeux sociaux de la croyance religieuse, et en particulier le potentiel de transformation sociale de la religion chrétienne. Dans La Grâce politique du monastère. Une utopie pour notre temps (Seuil), l’auteur s’aventure aux marges…

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Jean Vioulac : « Notre époque révèle que le principe de raison était principe de mort »

Le philosophe Jean Vioulac publie le deuxième volume de sa Métaphysique de l’Anthropocène (PUF). Il prolonge ici sa réflexion sur la destinée catastrophique de l’histoire humaine et continue d’élaborer son anthropologie négative. Dans ce nouvel opus, Leibniz occupe une place très importante. Le philosophe allemand est considéré comme le penseur de l’avènement du « machinisme…

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Guillaume Dezaunay : « Une révolution sociale doit nécessairement se fonder sur une révolution intérieure »

Le philosophe Guillaume Dezaunay publie Le Christ rouge (Salvator), un essai qui fonde l’anticapitalisme sur l’interprétation des Saintes Écritures et des textes traditionnels des Pères et Docteurs de l’Église. La spiritualité chrétienne s’y laisse découvrir, en amont de ses concessions mondaines, comme une spiritualité de la désappropriation et de la mise en commun, qui incite…

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Renaud Vignes : « Notre temps est en train de devenir inhumain »

Docteur en sciences économiques, Renaud Vignes s’intéresse, depuis plusieurs années, à la place et à la valeur du temps dans l’économie contemporaine. Dans un récent ouvrage, paru chez R&N en septembre de cette année, L’accélération technocapitaliste du temps, il pousse, avec une très grande radicalité, sa réflexion sur le sujet. PHILITT : À partir de…

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Le capitalisme selon Houellebecq : vers un ralliement au distributisme de Chesterton (3/3)

Face à un système capitaliste « incapable de fournir un sens », Houellebecq ébauche tout de même une solution. Il évoque à plusieurs reprises dans ses derniers romans la philosophie économique du distributisme, développée par l’écrivain anglais Gilbert Keith Chesterton. « S’il est un nom que l’on ne s’attendait pas à trouver dans l’œuvre de…

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Le capitalisme selon Houellebecq : l’éloge de la société pré-industrielle (2/3)

Houellebecq opère régulièrement dans ses romans un travail de dénigrement de l’économie, la présentant comme une science vile et méprisante. Dans Plateforme, pourtant un roman au sein duquel se trouvent de longs développements économiques, l’écrivain aime à rappeler que « l’économie est un mystère ». Le héros déclare même, après avoir longuement parlé de la…

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Le capitalisme selon Houellebecq : une « lutte perpétuelle qui ne peut jamais avoir de fin » (1/3)

« Qu’est-ce qui définit un homme ?, questionne le narrateur de La Carte et le territoire. C’est sa place dans le processus de production, et pas son statut de reproducteur, qui définit avant tout l’homme occidental ». Cette vision de l’économie qui envahit les vies et fait de l’homme un simple agent économique est fondamentale…

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Ayn Rand et la folie libertarienne

Que deviendrait le monde sans Steve Jobs, Bill Gates ou Peter Thiel, sans hommes politiques et sans intellectuels ? Dans La Grève, roman monumental rédigé de 1951 à 1957 et livre le plus influent aux États-Unis après la Bible, la philosophe américaine Ayn Rand estime que la société s’écroulerait nécessairement sans ses « hommes de valeurs »….

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