Guerre en Iran : Monsieur Jambet, encore un effort pour être BHL ! 

Yves Lepesqueur est critique littéraire et essayiste arabisant. Auteur remarqué, en 2024, d’une vaste étude sur L’Islam et l’ordre du monde, préfacée par Ghaleb Bencheikh (éd. Arcades Ambo, 740 pages), il a vécu et travaillé dans différents pays d’Asie et du Moyen Orient, en particulier l’Iran de 2006 à 2010, gardant avec sa population féminine et masculine des contacts suivis. Critique lucide des fautes et des contradictions du monde musulman, il fut également observateur, depuis l’Iran, de l’instrumentalisation et de la présentation fallacieuse faite par les médias occidentaux de la tentative de « révolution de couleur » au printemps 2009. Cette fois, c’est la déformation médiatique de la situation iranienne en état de guerre qu’il vient dénoncer pour PHILITT, en adressant une réponse à l’entretien de M. Christian Jambet, académicien, dans le journal Le Monde du 26 mars 2026.

Christian Jambet, académicien, spécialiste des spiritualités chiites et de la philosophie islamique

Rarement un pays agressé n’aura été aussi insulté que l’Iran, et rarement l’on se sera livré à autant de contorsions pour condamner la victime, coupable de se défendre (avec efficacité par surcroît, ces Iraniens se croient tout permis !). Il est si évident que les propagandistes désespérés ne réussissent plus à convaincre personne (si ce n’est quelques irrécupérables pour qui le musulman menaçant est de toute façon coupable), que l’on ne prête aucune attention à ces insanités. Aussi m’a-t-il d’abord paru superflu de réagir aux propos de Christian Jambet, sollicité par Jean Birnbaum, publiés dans Le Monde des livres le 26 mars dernier. 

Mais tout de même, c’est Jambet ! L’un des plus grands islamologues, spécialiste des philosophies mystiques en islam, dont j’ai lu et fort apprécié tous les livres. Pour reprendre ses propres termes, « c’était un homme pour qui j’ai ou pour qui j’avais beaucoup d’estime, je ne sais pas si je dois en parler au passé » (c’est ainsi que Jambet parle de Sayyed Mohammad Khamenei, sans réaliser que proclamer publiquement que l’on refuse désormais son estime à un homme qui vous a si bien accueilli dans son pays, au moment même où il est menacé de périr sous les bombes, ce n’est, comme dirait Macron, « ni élégant, ni à la hauteur »). Plusieurs des lecteurs ou collègues de Jambet m’ont fait part de leur déception, voire de leur dégoût à la lecture de cet entretien, mais, par respect pour le maître (ou par prudence, il faut songer à la carrière), ils se sont tus. Il me semble tout au contraire que le respect qu’inspire l’œuvre de Jambet implique une réponse. Si un quelconque plumitif y va de son petit travail de propagandiste, il n’y a pas lieu de s’y arrêter, mais si un grand auteur s’abaisse ainsi, il faut se demander ce qui l’y a conduit. Je me limiterai donc à commenter cet entretien, sans examiner divers aspects éminemment critiquables de la politique régionale de l’Iran, notamment en Syrie, au Liban et en Irak.

Omissions coupables

Il importe avant tout de se demander ce qu’est le texte de Jambet, à quel genre il appartient. L’entretien se présente comme un discours savant sur l’Iran, mis à la portée du « grand public cultivé ». Cet habillage ne saurait abuser. La vraie nature du texte de Jambet est tout autre : c’est un acte d’allégeance. D’allégeance aux agresseurs de l’Iran, d’allégeance à une certaine bourgeoisie de lettres, qui admet qu’on s’intéresse à l’islam à condition de ne pas douter de la supériorité de l’Occident et de son droit absolu à faire régner sa loi, d’allégeance aux beaux quartiers, d’allégeance à la riche société iranienne en exil volontaire, qui est si heureuse de recevoir ce grand homme, et qui comprend le peuple iranien presque aussi bien que les Français de la Silicon Valley comprennent les Gilets jaunes.

Répondre à Jambet comme s’il ne faisait qu’avancer des opinions bien informées sur l’Iran, auxquelles on opposerait prudemment une autre opinion informée, ce serait tomber dans un piège, prendre pour argent comptant une mystification : c’est à un texte engagé que nous avons affaire, et qui doit être traité comme tel. Sous une pluie de missiles, l’Iran est visé aussi par des missiles rhétoriques : les missiles à bon marché, qui volent au ras du sol, pour le profit de ceux qui regardent encore la télévision, les missiles plus élaborés des journalistes de la presse écrite et, tout en haut dans le ciel, le missile de Jambet, « bijou » perfectionné comme disent les marchands d’armes, même si ce n’est en définitive qu’un pétard mouillé. Ce n’est pas l’islamologue grand connaisseur de l’Iran qui parle, c’est un homme qui s’est rallié.

Cette mise au point préalable est nécessaire car le pire de ce texte sont ses omissions : pas un mot sur les agressions permanentes d’Israël et des États-Unis, pas une mention des crimes israéliens et américains, pas un regret sur l’assassinat approximativement ciblé (tant pis pour les voisins) comme mode de négociation, rien sur le fanatisme religieux à la tête de ces deux puissances qui sont censées représenter la rationalité occidentale face à l’obscurantisme iranien, rien sur les obsessions expansionnistes du sionisme, pas de contextualisation régionale alors que la guerre d’Iran ne peut être traitée comme si elle n’avait aucun rapport avec le martyre des Palestiniens, avec la déportation des Libanais du Sud, avec l’occupation d’une partie de la Syrie, avec le financement par nos bons amis de groupes réellement terroristes, etc. Qui prendrait au sérieux la tribune de Jambet penserait que la seule cause des guerres régionales est l’agitation de ces damnés iraniens. 

L’auteur pourrait répondre qu’il est interrogé sur l’Iran et qu’il ne parle donc que de la société et de la politique iraniennes, le reste n’étant pas son sujet. Mais sitôt qu’on identifie sa tribune pour ce qu’elle est, un texte militant qui accable un adversaire afin de soutenir le camp opposé, il est clair que les omissions sont au moins aussi significatives que ce qui est énoncé. Au demeurant, l’auteur n’a pas péché uniquement par omission, il a aussi éprouvé le besoin de tenir quelques propos qu’il vaut mieux ne pas qualifier (pour ne pas employer de termes trop durs : on se souvient d’avoir aimé Jambet) : « des Iraniens préfèrent encore que les avions bombardent plutôt qu’ils ne viennent pas » (quels Iraniens ?) ; le 7 octobre a été causé par l’antisémitisme théologique, pas par l’oppression interminable subie par les Palestiniens ; et pour finir, la ridicule assimilation du régime iranien à l’hitlérisme, sans se demander où, aujourd’hui, prospère une idéologie proprement nazie… 

Le Mausolée juif d’Esther et Mardochée, à Hamedan en Iran (après restauration)

L’amalgame : Israël et les juifs

Après les omissions et les ignominies, voyons le reste. Avant d’essayer de comprendre la logique profonde du ralliement de Jambet, il faut, sans s’y attarder, corriger quelques-unes au moins des erreurs et calomnies. 

La direction iranienne n’est certainement pas obsédée par l’extermination des Juifs. La communauté juive d’Iran n’est pas persécutée. Sa liberté de culte est respectée ; certains lieux de cultes juifs patrimoniaux, comme le tombeau d’Esther à Hamedan et la synagogue (en service) qui le jouxte, ont été remarquablement restaurés. Certes, dans un régime à fondement religieux, il est impossible d’accéder à certaines fonctions si l’on n’est pas chiite (les plus mal traités sont les sunnites !), mais les juifs comme les chrétiens ou les zoroastriens (dûment représentés au parlement) ne sont nullement menacés dans leurs personnes ou leurs biens. Les Palestiniens, musulmans ou chrétiens, s’accommoderaient avec soulagement d’être traités comme les juifs le sont en Iran.

Jambet fait semblant de croire que le régime iranien projette de détruire l’Etat d’Israël. Or, il faut bien avouer que l’Iran n’a rien fait pour mettre en pratique cette idée, n’a jamais attaqué Israël ni manifesté concrètement quelque intention de le faire. Il est cependant nécessaire à la direction iranienne d’affirmer sa solidarité avec les Palestiniens, parce que le peuple iranien, à l’exception des nihilistes bourgeois, qui n’y sont pas encore une majorité, ne comprendrait pas que leur pays renonce à ce devoir de justice. Christian Jambet évoque dans cet entretien l’exigence de justice sur la terre qui est une racine du chiisme. Mais il n’en voit pas une conséquence capitale : à moins de n’être plus chiites, les Iraniens ne peuvent que se tenir au côté de ces opprimés par excellence que sont les Palestiniens, leurs proches par la culture et la religion autant que par la géographie. Un Iran qui se désintéresserait de la Palestine ne serait plus iranien. Ceux qui, par cynisme, regrettent que leur pays se mêle de cette affaire alors qu’ils ne préoccupent que du confort de l’existence, ne peuvent se recruter que dans la frange la plus égoïste de la bourgeoisie. Le peuple iranien reste un peuple historique pour lequel les « grandes causes » ont encore un sens. Si l’on veut appeler cela de l’arriération, alors l’arriération a de la grandeur. 

Jambet ne manque pas d’évoquer les exécutions publiques, sans préciser que ces obscènes cérémonies sont réservées à des trafiquants de drogue ou à des membres de groupes armés ou, exceptionnellement, à des auteurs de meurtres particulièrement atroces. Cela ne rend pas ces supplices publics plus acceptables, mais ce serait mentir que de présenter les suppliciés comme des manifestants pacifiques. 

Le savant universitaire reprend la propagande sur les dizaines de milliers de morts dus à la répression des manifestations de janvier, comme s’il ignorait que ces chiffres ont été avancés sans preuves par des organisations basées hors d’Iran, dont certaines entretiennent des liens pas même occultes avec les pouvoirs américain et israélien. Un minimum de sens du concret conduit à se demander comment on peut s’y prendre pour tuer 10 000, 20 000, 30 000 ou 40 000 personnes (selon le principe de l’inflation systématique) en quelques semaines, sans utiliser d’armes lourdes ni détruire de villes, alors que les bombardements israéliens sur Ghazza, rasant tout, n’ont fait que 100 000 morts en deux ans. Décidément, ils sont forts ces Iraniens ! Par une ironie de l’histoire, au début de la Révolution iranienne, c’est l’opposition qui annonçait des milliers de morts lors du vendredi noir du 8 septembre 1978, alors que l’armée du Shâh avait tué moins de 100 personnes, selon les données les plus fiables. Les historiens finissent toujours par ramener le macabre décompte à la réalité, mais la vérité historique arrive toujours trop tard. Il est certain que la répression en janvier dernier a été brutale, à partir du moment où sont entrés en jeu des groupes armés financés par la CIA, surtout kurdes et baloutches, et où les Gardiens de la révolution ont pris en main la riposte, sans que le Guide ni encore moins le président ne puissent exercer de contrôle ; mais c’est une analyse précise des faits qui établira un jour ce qui s’est réellement passé et non la répétition sans critique de chiffres fantaisistes.

Le régime et le théologico-politique

Venons-en à ce qui est plus solide. Jambet nous dit que l’Iran est un pays très corrompu et que le pouvoir est désormais exercé par le complexe militaro-industriel tandis que les grands religieux, pour la plupart hommes de haute culture, ont perdu la main. Rien de plus vrai, mais qui ne le savait déjà ? La corruption se développe partout où un complexe militaro-industriel acquiert une puissance excessive. Celui des Etats-Unis n’est sans doute pas moins corrompu et corrupteur que son équivalent iranien. Cette corruption endémique a été fortement aggravée par les sanctions. Les régimes de sanctions, en quelque pays qu’ils s’appliquent, ont pour effet d’appauvrir la population tout en développant la corruption et en favorisant l’enrichissement de quelques-uns. Ce qui rend la corruption insupportable, c’est ce contraste entre des fortunes insolentes mal acquises et l’appauvrissement général (alors que se dégradent des services publics qui étaient encore d’une qualité certaine lorsque je résidais en Iran). Tous mes amis iraniens (des deux sexes), aussi opposés soient-ils au rigorisme officiel, me disent que là est le grand problème de l’Iran, pas dans les contraintes vestimentaires (qui s’allègent progressivement ; sait-on que depuis plus d’un an l’obligation faite aux femmes de porter un foulard hors de chez elles est tombée en désuétude ?). Ce n’est pas le remplacement du régime actuel par les golden boys iraniens venus de Californie qui résoudra le problème de l’enrichissement scandaleux de certains. J’aurai le mauvais goût de remarquer que l’écart grandissant entre ceux qui peinent et s’appauvrissent et ceux qui s’enrichissent facilement sans produire est flagrant en France aussi, et y nourrit de même un sentiment de révolte « contre le régime ». 

Allons plus au fond. Malgré des réussites (le système éducatif est l’exemple toujours cité) la République islamique a échoué, nous dit Jambet. Cette fois, il a raison. 

Le philosophe Ibn Sina (Avicenne), d’après une miniature persane, mort à Hamedan en 1037 dans l’actuel Iran

L’ayatollah Khomeini a cru qu’on pouvait construire un système politique et social fondé sur la piété, l’altruisme et l’étude, un système qui, selon les principes politiques de Fârâbî ou d’Avicenne, porterait l’homme à élever son âme. On est bien obligé de constater tout au contraire l’affaiblissement de la pratique religieuse et la montée d’une sorte d’individualisme qui se prétend aspiration à la liberté. Jambet en conclut qu’il serait « absurde » de vouloir faire une politique musulmane ou « une politique chrétienne », selon ses propres termes. Curieusement, ni Péguy, ni Bloy, ni Bernanos ni Simone Weil n’auraient trouvé absurde l’idée d’une politique d’inspiration chrétienne. Il n’y a rien d’absurde à estimer que des exigences éthiques et spirituelles (musulmanes ou chrétiennes selon les traditions propres à chaque pays) doivent imprégner la société politique pour qu’elle soit viable. Mais ce souhait se heurte à une difficulté qui, de nos jours, paraît insurmontable. S’il n’existe aucun dispositif institutionnel ou légal pour conférer une dimension spirituelle à la vie politique, cette belle intention ne trouve pas de concrétisation. Mais si l’on cherche à la concrétiser en instaurant un ordre religieux de l’État, comme a voulu le faire Khomeini, il arrive bientôt que ce n’est pas la religion qui vivifie la politique, mais la politique qui altère la religion, laquelle devient une pseudo-religion identitaire, dont les « nouvelles colonnes » (Bloy) sont des tartuffes jouant la dévotion par arrivisme, ce qui entraîne cette désaffection pour l’héritage religieux que l’on constate aujourd’hui auprès d’une part de la population iranienne. Jambet n’a pas tort d’écrire que « la dimension spirituelle a totalement disparu au profit de la dimension politique ».

Je ne doute pas que certains religieux chiites reconnaîtraient cet échec, mais peut-être répondraient-ils que, sans cet essai, aussi peu concluant soit-il, la dégradation morale en Iran serait pire qu’elle ne l’est. Le khomeinisme n’aurait pas arrêté le glissement vers le matérialisme mais l’aurait ralenti, arguerait-on. Il est impossible d’en décider. On accordera cependant que la dégradation morale en Occident n’est pas moindre, que la mise à l’écart de la religion, réduite à une affaire privée, n’a pas produit de meilleurs résultats. Tous ceux qui regardent autour d’eux sont effarés par notre effondrement civilisationnel. Après tout, c’est la puissance qui règne sur l’Occident qui s’est donné le plus ubuesque des présidents, ce n’est pas l’Iran. L’Iran de Khomeini n’a pas trouvé de solution à la question de la pensée classique, chez Platon ou en islam – comment organiser la société pour élever l’homme ? – mais il semble que personne ne l’ait trouvée et surtout pas nous.

Histoire iranienne et post-histoire occidentale

Peut-être touchons-nous ici le point le plus sensible. Quelle mouche a piqué Jambet ? Pourquoi son texte exprime-t-il, quoi qu’il en dise, plus de rage que de tristesse ? J’ai parlé d’un ralliement conformiste suscité par un besoin de reconnaissance, celui-ci expliquant aussi les précautions inlassables prises par l’auteur pour se faire pardonner son intérêt pour l’islam, en prenant soin de séparer la philosophie des autres aspects de cette civilisation, notamment de sa morale et sa piété populaire, l’une et l’autre peu conformes aux idées de la presse parisienne, ce magistère suprême.

Mais nous n’atteignons pas encore l’essentiel. Il est peut-être ici : Jambet est un penseur sorti de l’histoire, tandis que le peuple iranien reste un peuple historique. À l’utopie maoïste de sa jeunesse, Jambet en est venu à substituer l’utopie de l’homme post-historique, ne croyant plus aux grandes causes qui exigent le sacrifice, vivant en bonne indifférence avec ses voisins, organisant sa vie au gré de raisonnables désirs et d’honorables plaisirs, n’attendant plus rien de l’histoire. En somme, un dernier homme en version haut de gamme, dont les plaisirs sont intellectuels ou artistiques, un dernier homme qui lit de la poésie persane, et qui cultive même une spiritualité toute personnelle, suprême luxe de l’existence.  

Or, voici qu’arrive une chose terrible. Que les dirigeants iraniens, dont on ne voyait que la corruption et la brutalité, soient aujourd’hui prêts à mourir calmement pour ce qu’ils croient plus haut qu’eux, et que l’Iran soit un peuple, réuni maintenant malgré les clivages politiques, prêt à mourir aussi, s’il le faut, pour la dignité, passe encore ; on peut toujours affirmer que la majorité des Iraniens sont pris en otage par le régime et attendent le maître américain à bras ouverts. Ce n’est pas vrai mais on peut feindre de le croire. Mais voici l’horreur : on est obligé de voir que le monde entier admire l’Iran, non parce que le khomeinisme passe pour un modèle, mais parce que ce pays n’est pas submergé par l’individualisme post-historique. Ainsi est rejeté le progressisme vaguement humaniste qui ne conçoit la société que comme une équation bien posée, équilibrant intérêt individuel et intérêt général. Les Iraniens prêts à tout affronter sont des hommes qui ne calculent plus les intérêts. Et tous les admirent ! On imagine le directeur du Monde des livres affolé, et conférant avec M. Jambet : « – Il faut absolument les dégoûter de l’Iran, vous avez l’autorité pour cela. » 

Voici donc le philosophe en campagne. Les campagnes, on sait comment cela commence, on ne sait où cela vous mène. Jambet s’imagine-t-il que son acte d’allégeance encore timide, évitant soigneusement de parler d’Israël et des États-Unis, suffira à ses exigeants amis ? On lui demandera demain d’approuver plus ouvertement les étranges « défenseurs de l’Occident », de les défendre « inconditionnellement » : « – Allons Monsieur Jambet, encore un effort pour être BHL ! »

Yves Lepesqueur

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