Jean-François Pradeau : « Pour Platon, il faut que la mort travaille la vie »

[Cet entretien est initialement paru dans PHILITT #7] Jean-François Pradeau est professeur de philosophie à l’université Jean-Moulin-Lyon III. Il dirige la Revue des études platoniciennes qu’il a créée en 2004. Il a notamment publié Platon et l’imitation (Aubier, 2009) et, avec Luc Brisson, un Dictionnaire Platon (Vrin, 2007). En nous interrogeant sur la conception de…

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Michael Edwards : « Voir un peuple défendre sa langue me réjouit » (2/2)

Sir Michael Edwards est membre de l’Académie française et professeur au Collège de France à la chaire d’Étude de la création littéraire en langue anglaise. Il revient, pour PHILITT, sur son dernier ouvrage, Dialogues singuliers sur la langue française (2016), et évoque les liens indéfectibles entre les langues anglaise et française à travers l’histoire mouvementée des deux nations.  PHILITT…

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L’autarcie et la question du nombre

Le concept d’autarcie, au sens éthico-politique et non strictement économique, nous invite à prendre au sérieux le facteur numérique et spatial dans la recherche du bien commun ou, plus généralement, du bien vivre. La question du nombre, presque systématiquement occultée par les philosophies politiques modernes, s’articule pourtant bien avec les notions de cohésion sociale et…

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La raison d’Einstein : la relativité ou le souci de la métaphysique

L’homme est-il la mesure de toute chose ? Tout est-il relatif ? En 1885, Marcellin Berthelot disait du monde dans Les Origines de l’alchimie qu’il était « désormais sans mystère ». En 1916, Albert Einstein publie sa théorie de la relativité générale, produit d’une longue investigation dans le champ scientifique. Cette théorie ne doit pourtant pas faire oublier le caractère…

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Mathieu Terrier : « Pour Ashkevarî, les sages grecs ont quasiment le statut d’imâms »

Mathieu Terrier, docteur en islamologie de l’École pratique des hautes études et professeur de philosophie, vient de publier aux éditions du Cerf une traduction commentée de la première partie du Mahbûb al-qulûb (L’Aimé des cœurs), ouvrage méconnu et néanmoins fascinant. L’auteur, Qutb al-Dîn Ashkevarî, philosophe chiite iranien du XVIIe siècle, y propose une audacieuse histoire…

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« Moi, Président » par Quintus Cicéron

Quintus Cicéron adresse à son frère Marcus Tullius Cicéron, grand orateur et auteur des Catilinaires, un Petit manuel de campagne électorale afin de le conseiller dans sa candidature au consulat de 64 av. J.-C. Les commentateurs ont tôt fait d’y voir l’éternel cynisme politique. Or cette lettre est avant tout une mine d’informations pour qui…

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L’hubris ou le crime d’orgueil

Culte du moi, ambition amorale et sans limite, victoire de l’intérêt individuel (ίδιον) sur le bien commun (κοινόν) : l’homme moderne est résolument tourné vers la démesure. Dans l’Antiquité cela portait un nom : l’hubris (ὕϐρις). Et c’était le plus grand des crimes. Au vu de la suppression inévitable de l’enseignement des lettres classiques, il semble urgent de rappeler…

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Critique de la Révolution par Hegel : Périclès contre l’égalitarisme

Alors que la Révolution française insuffle à l’Europe une énergie philosophique nouvelle, affirmant ressusciter l’esprit de la démocratie grecque, un soupçon germe déjà dans l’esprit de Hegel : cette filiation avec l’Antiquité ne repose-t-elle pas sur un malentendu ? Par la figure de Périclès, le philosophe révèle l’erreur d’interprétation commise par ceux qui se réclament de la…

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Jean-Luc Nancy et Daniel Tyradellis : qu’appelons-nous penser?

Jean-Luc Nancy est né en 1940 à Bordeaux. Il devient professeur de philosophie à l’université de Strasbourg en 1968, jusque 2004. Son œuvre apparaît extrêmement diffuse : composée d’entretiens, de conférences, de réflexions sur des artistes (nous retiendrons l’excellente contribution au catalogue de l’exposition Antonin Artaud, à la BNF : « Le Visage plaqué sur la face d’Artaud »),…

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Aristote : aux origines de la phénoménologie

On attribue, à juste titre, l’invention de la phénoménologie au philosophe allemand Edmund Husserl. Cette discipline, qui s’est fixée comme objectif d’étudier non plus l’être en soi mais les manifestations de l’être, c’est-à-dire l’être en tant qu’apparaissant, en tant que surgissant dans le monde, opère une rupture avec la tradition métaphysique. Kant est le premier…

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