Éditorial : le décliniste repenti

[Cet article est paru initialement dans PHILITT #11] J’ai longtemps cru au déclin de la littérature. J’y croyais dur comme fer. C’était d’ailleurs plus qu’une croyance, c’était un savoir : la littérature était en déclin. C’était un fait incontestable, une vérité telle que seules les sciences dures peuvent en établir. C’était aussi vrai que deux et…

Continuer la lecture

Les carnets du sous-sol de Dostoïevski, épicentre d’un séisme littéraire

Qualifiés par André Gide de « clé de voûte de son œuvre entière », Les carnets du sous-sol témoignent d’une rupture profonde dans l’art de l’écrivain russe. Publiés en 1864, Dostoïevski y fait entendre cette voix singulière qu’il déploiera pleinement dans ses romans les plus connus. L’année 1864, date de publication des Carnets du sous-sol, marque le dixième…

Continuer la lecture

André Suarès, miroir oublié du temps passé

Tombé dans l’oubli, André Suarès (1868-1948) était pourtant l’une des figures majeures des lettres françaises de la première moitié du XXe siècle. De l’œuvre prolifique de cet ancien pilier de la NRF, seul son Voyage du Condottière a réellement survécu. Pour réparer l’injustice, Stéphane Barsacq vient d’exhumer, avec André Suarès. Miroir du temps (Bartillat), un…

Continuer la lecture

Pierre Le Vigan : « L’au-delà du bien et du mal se situe toujours ou presque du côté de la bassesse »

Pierre Le Vigan est urbaniste et essayiste. Il a publié une dizaine d’ouvrages dont Inventaire de la modernité (Avatar, 2007) et La tyrannie de la transparence (Aencre, 2011). Il vient de faire paraître Achever le nihilisme (Sigest, 2019), essai dans lequel il se propose d’établir une généalogie du nihilisme en s’appuyant sur deux penseurs majeurs…

Continuer la lecture

Éditorial – L’outrage infligé aux enfants, forme absolue du nihilisme

[Cet éditorial est paru initialement dans PHILITT #8, que vous pouvez vous procurer en suivant ce lien] Dans Sérotonine, le dernier roman de Michel Houellebecq, l’homme moderne est dépeint avec noirceur et cynisme, deux traits caractéristiques d’une prose à laquelle les lecteurs se sont habitués. Pourtant, l’indifférence au bien et au mal prend une forme…

Continuer la lecture

Journal d’Anna Dostoïevski : la vérité nue de l’écrivain

Le journal d’Anna Dostoïevski est un document exceptionnel qui permet d’entrer dans l’intimité du couple qu’elle forme avec le grand écrivain. De l’été à l’hiver 1867, elle va mettre sur papier le quotidien de leur exil genevois d’où ressortent deux préoccupations principales : l’addiction à la roulette et la maladie de Dostoïevski.  Quel sentiment étrange,…

Continuer la lecture

Un démon de petite envergure de Fiodor Sologoub : la queue de comète du nihilisme

Dans Un démon de petite envergure (1905), Fiodor Sologoub propose une nouvelle déclinaison de la figure du nihiliste. À travers Peredonov, l’écrivain dépeint un homme à la laideur morale inégalée, préoccupé uniquement par son avancement social. Si les nihilistes ont toujours été traités avec sévérité par la littérature russe, les prédécesseurs de Peredonov déployaient une…

Continuer la lecture

L’Adolescent de Dostoïevski : la passion contre le juste milieu ?

Avant dernier roman de Fiodor Dostoïevski, L’Adolescent reste une œuvre largement méconnue. Ces Souvenirs d’un jeune homme, pour employer le sous-titre de l’édition originale, n’en réunissent pas moins nombre de thèmes chers à l’écrivain russe. La culpabilité, la rédemption, les rivalités amoureuses, la mort, le suicide, le jeu, les mouvements révolutionnaires ou la figure du…

Continuer la lecture

Du déshonneur de la critique littéraire selon Ernest Hello

Pour l’écrivain mystique Ernest Hello, la critique littéraire pourrait être d’une grande noblesse si elle n’avait cédé à plusieurs écueils qui la compromettent. Parmi eux, la volonté de préservation du monde des lettres, l’incompréhension face aux excès du génie et le manque de générosité qui empêchent l’avènement de la critique de « l’amour infini ».  Nous avons tous…

Continuer la lecture